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Un peu d'histoire

Le nom d'Ath est connu depuis 1076. Il désignait à l'époque un petit village avec son église vouée à saint Julien, appartenant à l'abbaye hennuyère de Liessies (aujourd'hui dans le nord de la France, près d'Avesnes).

La région a longtemps appartenu au "pagus" (pays) de Brabant (ce qui explique le nom "Tour de Burbant", le donjon d'Ath), mais elle est tombée définitivement dans la mouvance hennuyère au 9e siècle. Intégrée au comté de Hainaut jusqu'à la révolution, Ath est finalement devenue un chef-lieu d'arrondissement au sein de la province de Hainaut au début du 19e siècle.

Si elle a perdu sa fonction de place forte en 1852, elle est restée, jusqu'à nos jours, un centre commercial et administratif dynamique qui attire chaque jour des milliers d'étudiants dans un réseau scolaire étendu de la maternelle à l'enseignement supérieur.

Vers 1160, le comte de Hainaut, Baudouin IV, achète à un de ses vassaux, Gilles de Trazegnies, un terrain situé entre les paroisses d'Ath (qui deviendra par après le vieux Ath) au sud-est et de Brantignies au nord-ouest.

Si le comte de Hainaut a acquis cette seigneurie, c'est parce que le marais compris entre les deux bras de la Dendre est un site stratégique remarquable où il compte construire un donjon - la Tour Burbant- faisant face à son voisin le comte de Flandre, Philippe d'Alsace, implanté à Lessines, à 15 kilomètres au nord.

Le château est aujourd'hui le siège de la Maison culturelle, son puissant donjon du 12e siècle est toujours en place et constitue un témoignage exceptionnel de l'action militaire du comté de Hainaut dans nos régions.

Sur la seigneurie qu'il a acquise, Baudouin IV crée une "ville neuve", c'est-à-dire un village doté de libertés.

Au 13e siècle, ce "franc bourg" compte moins de 1.000 habitants. Entre 1330 et 1350, il est entouré d'une première enceinte, œuvre de Guillaume Ier d'Avesnes, instigateur de la draperie d'Ath en 1328 et de la mise en place d'une compagnie d'archers pour la défense du périmètre fortifié.

Cette première enceinte est percée de trois portes : celles du Gadre, de Brantignies et du Moulin. Le développement économique et démographique requiert rapidement un agrandissement de l'espace protégé et, à partir de 1360, une nouvelle enceinte est construite vers le sud et l'est. Elle est achevée en 1400. Si la porte de Brantignies est maintenue, le visiteur accède au sud par la nouvelle porte de Pintamont et à l'est par la porte d'Enghien. A cette époque, le franc-bourg devient une ville.

L'essor urbain se marque sur le plan économique : draperie puis commerce des toiles, halle aux grains (avant 1386), brasseries, tanneries, carrières, orfèvrerie, travail de l'étain, céramique,... La vie religieuse se manifeste avec la construction de l'église Saint-Julien à l'intérieur des murs (1394-1515) ou les ordres réguliers (monastères de Nazareth en 1416, couvent des Récollets en 1446). Des services publics comme l'enseignement (Ecoles latines en 1416) ou les institutions hospitalières (Hôpital de la Madeleine en 1448) se mettent en place. Avec ses 5.000 habitants, Ath est la troisième ville du Hainaut après Valenciennes et Mons.

Mais, la ville souffre des guerres et des conflits du 16e siècle avec, pour conséquence, la destruction, en 1578, de l'église Saint-Martin au hameau de Brantignies pour mieux assurer sa défense. Celle-ci sera suivie, à partir de 1585, d'une reconstruction de l'édifice religieux au cœur de la cité, entre la Dendre orientale et la rue de Brantignies.

Maquette de la fortification de Vauban

A partir de 1614, le maire Jean Zuallart fait élever, sur les plans de l'architecte Wenceslas Coobergher, un hôtel de ville d'inspiration baroque, conforme au goût de l'époque. Au 17e siècle, après une période de paix sous le règne des archiducs Albert et Isabelle, Ath est au centre des conflits européens de par la guerre de Trente Ans et les conquêtes de Louis XIV.

Aux 17e et 18e siècles, la ville vit du marché de la toile et surtout de ses activités commerciales ou artisanales liées partiellement à l'agriculture du plat pays.

Le passage à l'époque contemporaine avec les soubresauts liés à la période révolutionnaire se réalise de 1798 à 1815. Sous l'occupation hollandaise, Ath retrouve sa fonction de place forte.

Entre 1840 et 1850, la ville connaît une période difficile suite au déclin du commerce de la toile. L'essor économique de la seconde moitié du siècle est déclenché par l'essor de l'industrie du bois et de la pierre et la mécanisation des activités textiles ainsi que l'activité des agro-industries.  Les moulins et brasseries emploient quelque deux cents personnes vers 1890 et la mécanisation du textile offre de l'emploi à plusieurs centaines de personnes.

L'essor urbain est directement lié au développement des voies de communication. A partir du 18e siècle, les chaussées dites "thérésiennes" (réalisées à l'époque de Marie-Thérèse d'Autriche) relient Ath à Mons (1727), Tournai (1744) et Bruxelles (1769). Le réseau routier est complété et amélioré au 19e siècle. Ath devient de plus un noeud de communications ferroviaires : le chemin de fer relie la cité à Mons en 1848, à Alost en 1855, à Bruxelles en 1866, à Blaton en 1878 et à Saint-Ghislain en 1879. Le réseau est complété au début du 20e siècle par des liaisons vicinales vers Flobecq et Frasnes. La mise en service du canal d'Ath à Blaton assure les liaisons par la voie navigable avec la France et la canalisation de la Dendre favorise le trafic vers le nord du pays (1865).

Si la ville d'Ath atteint son apogée au début du 20e siècle, elle souffre des difficultés économiques de l'entre-deux-guerres qui marquent le déclin puis la disparition progressive de l'industrie du meuble, des usines textiles et des agro-industries.

La relève est assurée par la Floridienne, usine chimique née au lendemain de la première guerre mondiale. La vocation commerciale et tertiaire de la ville s'affirme de plus en plus au cours du 20e siècle avec la présence des services publics (gare, poste, enseignement, finances, justice de paix, hôpitaux) et l'essor du marché du jeudi.

La fusion des communes de 1976, qui réunit 18 villages autour du centre urbain, a élargi l'entité communale à 25.000 habitants qui bénéficient du zoning industriel de Ghislenghien en plein développement. Cependant, une bonne partie des Athois travaillent dans les administrations ou les sociétés bruxelloises, la ville étant devenue partiellement une cité-dortoir.

Au cours des vingt dernières années, la rénovation urbaine a permis la renaissance et le développement de nombreux quartiers alors que les monuments publics (hôtel de ville, églises, musées, bâtiments administratifs) étaient rénovés ou restaurés. Le dynamisme de la cité s'est affirmé avec l'aménagement réussi de la grand'place, les projets de développement touristique et l'essor de la Maison culturelle.

La ducasse (fête communale) permet aux habitants d'affirmer leur identité le quatrième dimanche d'août, lorsque défilent, dans un enthousiasme général, les géants, les chars, les personnages pittoresques, perpétuant ainsi une tradition de plus de cinq siècles.

Des renseignements complémentaires peuvent être obtenus dans les publications du Cercle royal d'Histoire et d'Archéologie d'Ath.

Jean-Pierre DUCASTELLE