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"Henri HANNETON", un peintre dans la cité

Affiche HannetonCette exposition, organisée par l’Office de Tourisme d’Ath en collaboration avec le Cercle royal d’Histoire et d’Archéologie d’Ath, célèbre un double centenaire (1911-2011) : celui de la mort du peintre et celui de la société d’histoire locale. C’est surtout l’occasion de s’intéresser à un des artistes athois les plus intéressants du 19e siècle, sans doute trop méconnu aujourd’hui.

Du 10 septembre au 6 novembre 2011 à la Maison des Géants à Ath.

Henri Hanneton, le choix du local

Henri Hanneton est né à Ath, le 14 février 1822. Issu d’une famille modeste (son père est ouvrier orfèvre), il suit les cours de Julien Ducorron à l’Académie de dessin d’Ath, avant de poursuivre ses études à Anvers, puis à Louvain. En 1847, après avoir reçu différents prix prestigieux, il semble qu’il effectue un voyage en Italie pour parfaire sa formation.

Destiné à une brillante carrière artistique au plan national, il fait pourtant le choix de s’établir dans sa ville natale. En 1848, à la mort de son maître Ducorron, il est nommé directeur de l’Académie de dessin d’Ath. Il a à peine 26 ans et occupera la fonction durant plus de quarante années, jusqu’en 1889. Ses activités d’enseignant lui tiennent à cœur : de nombreux élèves seront formés par lui. Mais il s’investit également dans la vie de sa cité. Il exécute un grand nombre de commandes officielles, notamment pour l’Hôtel de ville, la Commission d’assistance publique, l’Hôpital de la Madeleine, le tribunal. Les églises locales et régionales font appel à lui pour des chemins de croix ou des tableaux d’autel. Ses talents de portraitiste sont également reconnus.

Les sujets font partie de l’élite de la ville. Il représente aussi des paysages locaux. Hanneton participe activement à la décoration du cortège folklorique de la ducasse ; il réalise différents chars allégoriques et dessine la géante Mademoiselle Victoire.

Sa peinture est celle du 19e siècle. Si ses tableaux religieux s’inscrivent dans la culture néoclassique, le reste de son œuvre est fortement imprégné par le courant romantique. Ses scènes historiques sont de grandes dimensions. Le Serment des fils de Gérard le Rond, conservé à l’Hôtel de ville d’Ath propose une scène dramatique tirée d’une chronique médiévale. Les six fils de Gérard le Rond, les visages tordus par la douleur, jurent vengeance sur le corps de leur père assassiné. Le goût pour la nature transparaît dans ses paysages, avec un souci pour le patrimoine parfois disparu. Les portraits, s’ils sont parfois flatteurs, laissent entrevoir le caractère de leurs sujets. Celui de Jean-Baptiste Delescluse, bourgmestre d’Ath, reflète l’aplomb et la force de ce personnage. Les dessins au crayon témoignent de toute la technique de l’artiste et de son sens de l’observation.

Cette exposition s’appuie sur les œuvres d’Henri Hanneton conservées dans les collections publiques athoises. Certaines feront d’ailleurs l’objet d’une opération de restauration pour l’occasion. Des collectionneurs privés ont également été sollicités pour prêter des toiles. L’œuvre du peintre sera complétée par des tableaux de Julien Ducorron et Lambert Mathieu qui ont formé l’artiste, respectivement dans les académies d’Ath et de Louvain. Les élèves du peintre seront également présents, notamment Edouard Debruxelles, Mathilde Canivez ou Joseph Empain. La production d’artistes de son entourage (Eugène Copus, Willem Cartuyvels) sera également présentée. Des documents (correspondance, carnets,...) viendront éclairer le contexte de cette période.

Un film documentaire consacré à une de ses œuvres majeures : Le Serment des fils de Gérard le Rond sera présenté. De par sa taille, le tableau ne pourra pas quitter le grand salon de l’hôtel de ville où il est aujourd’hui accroché. Le film permettra de le découvrir plus précisément.

Un catalogue a été édité dans la collection des Etudes et Documents du Cercle royal d'Histoire et d'Archéologie d'Ath.  Il est disponible auprès du Secrétariat de cette association (068/26.92.31).